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Au service des plus demunis |
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Bernard Cassin a commencé à s'alcooliser en 1961, alors qu'il était engagé dans la Marine nationale. Malgré son mariage en 1967 et l'arrivée de trois enfants, Bernard est petit à petit entré dans la dépendance. Buveur guéri depuis 1982, il n'a eu de cesse que d'entretenir sa « fibre » sociale. D'abord en occupant diverses responsabilités au sein de Vie Libre puis en se mettant au service des plus démunis, notamment en travaillant pour une association dite « intermédiaire ».
Je voudrais vous parler de mon travail actuel. C'est là que je suis peut-être original. Depuis 7 ans, je travaille auprès des chômeurs. J'ai commencé dans une association « intermédiaire ». Depuis 1996, je suis dans une association « normale ».
Donner du travail plutôt que faire la charité
On entend souvent citer le proverbe oriental: « Donne un poisson à un homme, il se nourrira un jour. Apprends-lui à pêcher, il se nourrira toute sa vie. » Alors, autour de nous et tous les jours, plutôt que de donner 100 francs à un chômeur, pourquoi ne pas lui donner deux heures de travail ? C'est l'un des buts des associations intermédiaires.
D'un côté, des hommes et des femmes, des jeunes ou des moins jeunes, sans ressources suffisantes et stables, qui désespèrent de trouver du travail, qui se sentent rejetés... De l'autre, des particuliers, des entreprises qui auraient bien quelques tâches à leur confier. Si ce n'était pas si cher ou si compliqué... Un début de solution ? Les associations intermédiaires, qui servent d'« intermédiaire » entre tous ces protagonistes, contribuant à la réinsertion des personnes en difficulté en leur offrant des activités pouvant favoriser à terme l'accès à un emploi durable. L'association intermédiaire peut s'engager dans toutes sortes d'activités : petit travaux chez des particuliers (petits dépannages, bricolage, jardinage ... ) ; aide aux mères de famille, aux personnes âgées ou handicapées... ; travaux occasionnels chez des artisans ; travaux d'amélioration de l'environnement. Mille activités nouvelles sont à inventer, mais en respectant un principe fondamental : ne pas faire de concurrence anormale aux activités existantes. L'association intermédiaire peut embaucher toute personne « dépourvue d'emploi », mais priorité sera donnée à ceux qui se trouvent dans les situations morales et matérielles les plus difficiles. Le travail fourni par l'association intermédiaire donne à ceux qu'elle embauche le statut de salarié. Il leur ouvre les mêmes droits qu'à tout salarié.
Proche des gens dans le besoin
Depuis 1996, je m'occupe d'une autre structure associative. Mon travail consiste à remettre en état des logements pour lesquels le Fond de Solidarité Logement (FSL) s'est porté garant. Le FSL est un organisme dépendant de la CAF qui aide les gens démunis à se loger ou qui se porte garant en leur nom. Parfois, les logements sont récupérés dans un état pitoyable, et c'est là que nous intervenons : débarras, nettoyage, réfection de la tapisserie, de la peinture, du revêtement de sol et, parfois, changement de portes ou de sanitaires. C'est un travail varié, mais dur. Les gens quittent leur appartement pour des raisons diverses : décès, prison, divorce, ou tout simplement parce qu'ils « pètent les plombs ». Il nous est arrivé de trouver un appartement complet, mobilier, vaisselle, meubles, tout était en place. La table de salle à manger était encore dressée, comme si la personne venait de sortir.
Mes collègues sont des demandeurs d'emploi qui n'ont pas la possibilité de travailler dans une entreprise normale, soit parce qu'ils n' ont pas de diplômes reconnus, soit parce qu'ils sont trop vieux. Certains, instables, ne respectent pas les horaires ou les consignes. Il faut être patient, très patient, c'est en leur faisant confiance que se fait la réinsertion. D'autres boivent, comme on dit, plus que de raison. Lorsqu'ils me voient abstinent, il arrive qu'ils me posent des questions. Alors là aussi, j'apporte mon témoignage. Les résultats ne sont pas immédiats, mais j'ai pu constater chez certaines personnes une très nette amélioration.
L'abstinence est une guérison. Elle redonne le goût des choses simples, jardinage, bricolage, lecture. Le bonheur de cette abstinence me permet aujourd'hui, même petitement, de vivre proche de gens dans le besoin.
Bernard Cassin,
section de Mérignac
"Libres" n°239
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Créées par la loi du 27 janvier 1987, les associations intermédiaires ont pour but d'embaucher des personnes en difficulté (RMistes, jeunes de moins de 26 ans, chômeurs de longue durée, etc.) afin de faciliter leur insertion professionnelle en les mettant à titre onéreux à disposition de personnes physiques ou morales. L'association se charge de l'accueil des personnes, de leur suivi et de leur accompagnement en vue de rechercher les conditions d'une insertion professionnelle durable. Cela passe par l'information de ces personnes sur leurs droits individuels, sur une formation, une orientation ou un itinéraire personnalisé. Elles peuvent être orientées vers un centre d'action sociale ou vers les organismes compétents pour résoudre des difficultés d'ordre social (santé, logement, etc.), ou aidées à mener efficacement des démarches de recherche d'emploi. L'association intermédiaire doit conclure une convention avec l'État, qui fixe notamment le territoire dans lequel elle intervient. Elle peut aussi conclure une convention de coopération avec l'ANPE. Le comité de rédaction, à partir du texte de loi et des décrets d'application et d'un document des ASH |