La liberté retrouvée

« Pour moi, la marque la plus importante de cette guérison, c'est la reconquête de la liberté par rapport à l'alcool. A condition qu'elle se fasse sans création de liens tout aussi dangereux et pathologiques. je pense en particulier à la perte de liberté dans un groupe de type sectaire dans lequel la liberté de parole ou l'autonomie ne s'exerce pas. Je ne parle pas du tout ici des groupes de buveurs guéris et d'abstinents qui ont largement précédé le corps médical dans la prise en charge de l'affection. Quand des malades tombent dans un groupe sectaire, ils ont perdu un maître pour en retrouver un autre. Où est la liberté et le bonheur de vivre là-dedans ? Tout s'articule autour de la liberté. Il peut y avoir, pendant un certains temps, une certaine dépendance vis-à-vis d'un médecin, d'un groupe, c'est normal. Il faut bien des béquilles avant de pouvoir remarcher après une fracture. Cette dépendance momentanée permet de se mettre debout.

Ce qui caractérise l'homme, c'est sa liberté. Quand il est malade, il la perd. Il la perd vis-à-vis de l'alcool, des drogues dures, du tabac, du jeu, etc. Ce qui caractérise la guérison, c'est qu'il retrouve la liberté. »

Général Bazot, ancien directeur de l'Ecole d'application
du Val Grâce et ancien président de la Société française d'alcoologie.