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Frères et soeurs dans mon âme,
Anciens buveurs ou en passe de l'être,
Vous avez vécu ou connaissez encore le Drâme
Qui pourrit la vie de tous nos Etres.
Un décès, un divorce ou la méconnaissance
En est souvent à l'origine tel Le maître.
On se tait, on se cache avec l'intransigeance
De celui ou celle qui ne veut pas le reconnaître.
Pourtant il est là le calvaire qui, à outrance,
Se permet de briser nos rêves et nos paraîtres.
A quoi sert de nous replier sur nous mêmes,
A conserver ce secret que tous connaissent ?
A part une dignité en laquelle on veut croire encore,
Ce secret de Polichinelle, il nous délaisse.
Peu à peu, en nous renfermant, nous approchons de la mort,
La mort de celui qui veut penser aussi
Qu'une coupe de plus n'est pas dangereuse.
Après tout, elle reste la seule "amie",
Sauf qu'on la paye comme on paye une gueuse.
Gueuse, dans mes écrits, n'est pas une insulte;
C'est l'état d'esprit de celui ou celle
Qui, dans des moments de folie éxulte
Puis, seule (e), se démoralise et prend la pelle
Qui creusera son trou devant les "autres";
Ceux qui s'amusent du mal être,
Qui parient même sur la rechute
Pour le cas où, soigné(e), il ou elle pourra se permettre
De les voir d'un autre regard, ces satanées brutes.
L'abstinence n'est pas une fin en soi.
Elle démontre une grande volonté.
La volonté d'être enfi Soi
Au vu, au su de tous ceux qui pour clowns nous présentaient.
Rien n'est plus sûr à mes yeux.
Nous sommes de la même famille,
Cette famille aimante qui, sans compassion,
Ne juge pas quand l'amertume est sur les papilles
Car elle aide et aime chacun de nous sans distinction.
Jean-Yves Quint
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