| PREAMBULE |
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| Pour nous <<VIE
LIBRE>>, la thérapeutique que nous employons auprès
des malades alcooliques se situe en trois périodes : |
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Nous ne pouvons les dissocier
les unes des autres. Chacune d'entre elles a, en son temps d'application,
une grande importance pour la guérison stable et durable
du malade et de sa famille. Situées dans des circonstances
différentes, elles n'en demeurent pas moins indissolubles
et complémentaires.
Notre objectif de base,
qui est fondamental, est axé, non pas sur une idéologie,
mais sur une réalité et une certitude, à savoir
que tout malade peut guérir.
Cette affirmation est
fondée par de nombreuses expériences au cours desquelles,
nous avons constaté que les malades qui se trouvent dans
toutes les conditions requises accèdent à la guérison
dans un délai plus ou moins long.
Nous croyons essentiellement
dans la valeur humaine et dans ses ressources. Bien qu'un malade
soit arrivé au point le plus critique de sa déchéance,
il y a encore et toujours la possibilité de faire renaître
chez lui l'étincelle qui lui permettra de prendre conscience
de ses responsabilités, d'y faire face, et, de se refaire
une véritable vie d'homme ou de femme. Tous les moyens à
notre disposition doivent être utilisés pour provoquer
la guérison car : <<Tout
être humain quel qu'il soit a droit à la santé>>.
Notre action n'est pas celle d'une ligue <<Antialcoolique>>
mais, placés au cœur même du problème alcoolique
par des contacts au près des malades et de leurs familles,
nous avons pour but de leur faire retrouver SANTÉ et BONHEUR
et la JO1E de vivre en hommes et femmes libres de tout esclavage
et de toute tutelle. |
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LA LUTTE CONTRE L'ALCOOLISME ET SES
CAUSES NE PEUT ETRE UNE AFFAIRE << D ' A M I C A L E >>
ELLE NÉCESSITE UNE ACTION ET
UNE REVENDICATION |
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Nous ne limitons pas
notre action auprès des malades seulement, mais nous combattons
aussi les causes de l'alcoolisme. Ce combat
est mené par ceux qui en ont le plus souffert : les buveurs
guéris eux-mêmes.
Il est orienté
vers la guérison des malades et de leurs familles, non dans
l'optique d'une <<Amicale>> mais, dans l'esprit d'un Mouvement
de <<PROMOTION >>. Tout malade guéri peut à
son tour devenir un combattant pour la guérison des autres
et, mettant sa vie au service de tous ceux qui souffrent, agir de
façon à ce que la société les comprenne
et les aide à se guérir.
Ces connaissances étant acquises, les malades et le Mouvement
<<Vie Libre>> regardent en face le problème de l'alcoolisme
sur les plans économique, financier, législatif ,
mais encore bien plus sur le plan HUMAIN en connaissant, dans ce
domaine en particulier, les répercussions familiales
et sociales.
Dans ces buts de PROMOTION
INDIVIDUELLE ET COLLECTIVE,
nous voulons des structures sociales et un développement
culturel au service de l'épanouissement de toute la personne.
Après enquête
des Tribunaux, nous constatons qu'un cinquième des divorces
sont dûs à l'alcool et plus de la moitié à
la déchéance paternelle. Bon nombre d'accidents de
la route et du travail sont la conséquence de l'alcoolisme.
L'hérédité alcoolique est souvent contestée
mais, de toute évidence, les enfants d'alcooliques présentent
beaucoup plus fréquemment que les autres des troubles physiques
et mentaux et des anomalies dans leur comportement moral et social.
Ce que nous venons d'exposer
en quelques lignes, c'est :
- tout le problème
de l'alcoolisme, et face à celui-ci :
- le rôle que
les << Buveurs Guéris>> peuvent et doivent jouer.
Nous envisageons la guérison,
mais il y a lieu de tenir compte de tous les inconvénients,
de tous les obstacles, de tous les aléas que nous devons VOIR
- REFLECHIR - PENSER - avant d'AGIR, et encore tout au long de la
guérison
Bien sûr, à
la lumière de nos expériences, nous savons que toute
cure ne conduit pas automatiquement à une guérison
certaine, l'ensemble des conditions favorables n'étant
pas toujours réunies. Parfois, si les conditions requises
sont réalisées, c'est le malade qui ne veut pas ou
ne peut pas de lui-même aller vers la guérison s'il
n'est pas aidé et encouragé.
Il est un point important
que nous ne perdrons jamais de vue au cours des trois périodes
de traitement :
c'est celui de la thérapeutique médicale, non pas
seulement le fait de suivre une cure, mais, aussi et surtout, pendant
la postcure.
Sans
aide médicale réelle par des soins appropriés
aux besoins du malade, suivant les différentes périodes,
nous savons que celui-ci aura des difficultés pour obtenir
une guérison stable et durable. |
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PREMIERE
PERIODE DU TRAITEMENT |
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| Dans la première
période dite de <<Préparation
à la cure>>, notre rôle se situe surtout au niveau
familial. Malheureusement, pour certains malades ce niveau n'existe
plus : il a souvent été détruit du fait de la
maladie alcoolique elle-même ; pour d'autres il n'a jamais existé.
Certains malades n'ont jamais pu créer de foyer, et nous les
situons dans le cas dit des <<ISOLES>>. |
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REVALORISER LE MALADE PAR DES RELATIONS AVEC L'ENTOURAGE
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Suivant les situations,
nous aurons différentes façons de prendre contact
avec le (ou la) malade.
D'abord en milieu familial, il est un point important que nous recherchons
tout de suite après le signalement : c'est celui d'associer
les autres membres de la famille, femme et enfant, ou homme et enfant
(suivant le malade), à notre action, car nous avons à
tenir compte des difficultés de compréhension entre
les époux et entre parents et enfants qui se sont heurtés
pendant des années de maladie.
Nous voyons souvent une femme qui ne veut plus voir son mari, la
maladie alcoolique de son époux l'ayant obligée à
élever seule les enfants, à gérer avec difficultés
le budget familial, à subir son mari malade et les propos
souvent humiliants de l'entourage.
Notre première
tâche est donc. d'aider la femme à reprendre confiance
en elle-même, de croire à la possibilité de
guérison, lui redonner l'espérance d'un avenir meilleur,
non pas en dehors d'elle, mais avec elle et les enfants qui avec
nous doivent s'associer à la guérison.
C'est au buveur guéri
et à sa conjointe qu'il appartient d'avoir ces premiers contacts
avec le foyer. Leur propre expérience permettra à
l'épouse, d'une part, de prendre conscience du rôle
qu'elle doit remplir auprès de son mari pour lui faire admettre
et comprendre sa maladie. Le buveur guéri, lui, d'autre part,
agissant près du malade, celui-ci lui fera confiance et dans
ce climat d'amitié il en arrivera à désirer
et vouloir lui-même sa guérison.
Cette amitié vraie
est indispensable pour ce cheminement, et, qui pourrait la mieux
donner qu'un buveur guéri ?
Certes ce climat d'amitié
réelle ne se crée pas dès la première
rencontre. Souvent il faudra laisser jouer le facteur temps pour
que le malade puisse prendre conscience de sa maladie. Il y a lieu
de faire naître tout un réseau d'amitié autour
de lui avec les membres de sa famille, ceux de leurs amis qui veulent
bien aider le malade et avec les buveurs guéris de la section
locale et du groupe de quartier. Le rôle de ces derniers étant,
en particulier, d'informer de la maladie et des possibilités
de guérison.
Pour obtenir le VOLONTARIAT
à la cure il faut beaucoup de patience, de discussions, de
dialogues entre les uns et les autres, et, dans tous ces échanges
surtout beaucoup
de discrétion de la part des militants <<Vie
Libre>>.
Le problème des
<<ISOLÉS>> est beaucoup plus complexe du fait que ces
derniers vivent seuls et sont très souvent refermés
sur eux-mêmes, d'où d'ailleurs leur isolement.
La prise de contact avec
eux nécessite le recours à une tierce personne qui
préparera une rencontre. Il est alors fait appel à
des amis qui les connaissent bien, et parfois au Service Social
de leur entreprise. Quelquefois, nous pouvons aussi avoir à
contacter l'épouse qui vient de quitter le malade espérant
que sa solitude le fera réfléchir à sa situation
... Dans tous les cas, vous le voyez, les contacts avec les ISOLÉS
sont plus difficiles ! ...
En résumé,
la période de <<Préparation à la cure>>
c'est celle des prises de contact avec le malade, les membres de
sa famille, ceux de l'entourage dans le quartier ou au travail ;
et pour les isolés ceux qui, suivant le cas, sont susceptibles
de nous aider et d'aider le malade.
Notre action a pour but
de faire découvrir au malade et à tous ceux qui y
participent avec nous ce qu'est la maladie alcoolique et la reconnaître
comme telle. Partant de là nous en arriverons à la
cure volontaire. Ceci étant acquis notre rôle est maintenant
d'orienter le malade vers un Médecin.
Selon l'état du
malade, il appartiendra au praticien de déterminer le mode
de cure approprié, soit en cure hospitalière, soit
en cure ambulatoire. |
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ÉQUIPES
DE BASE |
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Pour parvenir à
ces résultats, notre méthode d'action est partagée
entre plusieurs foyers ou personnes. Nous créons des petites
équipes d'action ou <<Equipes de Base>>. Elles sont
formées de DEUX ou TROIS foyers plus UN isolé.
Dans leur composition,
nous entendons un ou deux foyers dont la guérison est déjà
stabilisée, ou deux autres en cours de guérison, ou
encore quelquefois même sortant de cure.
L'association d'Anciens et de Nouveaux ainsi faite l'est volontairement.
Elle permet aux nouveaux d'acquérir tout d'abord l'assurance
pour eux-mêmes et ainsi d'assurer leur promotion en trouvant
avec les anciens une méthode pour AGIR. La répercussion,
ils la feront en créant à leur tour après un
certain temps une autre équipe d'action.
Ces nouvelles équipes,
dans leur façon d'agir, ne partent pas au hasard. Avant de
se rendre dans tel ou tel foyer, de contacter un isolé ou
d'entrer en relation avec la famille ou le malade, l'équipe
se réunit. Dans cette réunion, ils vont, à
partir d'une <<Carte de Relations>>, |
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RÉFLÉCHIR
et BATIR avant d'AGIR |
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LA
CARTE DE RELATIONS |
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| Tous les Militants utilisent
ce moyen. Par cette CARTE DE RELATIONS, les Membres de l'EQUIPE seront
informés de la situation de famille du malade, de sa profession
et de son lieu de travail, de ses relations et amitiés dans
le quartier de son domicile. Et d'autre part, de l'adresse du Médecin
de famille, et de celle du Service Social dont il dépend. En
fait l'équipe cherche à connaître toutes personnes
susceptibles d'être sollicitées pour coopérer
à la guérison du malade et aider celui-ci. |
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VOIR
- RÉFLÉCHIR - AGIR |
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Tous ces renseignements
étant recueillis c'est alors, et seulement à partir
de là, que l'action pourra être entreprise. Un foyer
de l'équipe prendra le (Ou la) malade en charge, mais ce
foyer n'agira qu'après en avoir discuté avec l'ensemble
de l'Equipe qu'il devra tenir au fur et à mesure au courant
de l'Action en cours. Ces échanges ont pour but de faire
acquérir à tous une formation ayant pour base :
- Des connaissances
réelles de la vie du malade (Vie personnelle familiale
et professionnelle).
- Une découverte
des principales relations du malade et de la façon dont
il se situe vis à vis de son entourage (Relations).
- Une connaissance
sociologique du milieu, c'est-à-dire : les conditions de
vie collective : logement (H.L.M.), Transports ... L'importance
des cafés dans le quartier, les revenus des familles du
quartier, etc...
Tout ceci nécessite
une grande discrétion, de la patience et beaucoup de délicatesse
dans le recueil des informations. Il y a là une sorte de <<secret
professionnel>> qui doit être partagé (et non
divulgué) entre un nombre restreint de personnes concernées
et animées d'un même esprit d'Amitié, de confiance
et de désintéressement. Ainsi, le problème apparaissant
simultanément avec les causes de l'alcoolisme, le groupe pourra
déjà entrevoir une méthode de prise en charge,
choisir les collaborateurs (Médico-Social, Travailleurs Sociaux
...), fixer les premiers objectifs et les premières démarches
à accomplir en vue de résoudre certains problèmes.
En même temps avec
beaucoup de compréhension, d'amitié, le malade commencera
le cheminement vers le traitement volontaire
dont il a besoin.
Cette méthode
se poursuit jusqu'au moment où le foyer dernier guéri
se trouve incorporé à l'Equipe après la sortie
de cure du (ou de la) malade. Partant de cette forme d'action, des
résultats sont obtenus dans la stabilité de la guérison,
car les malades pendant la cure et après celle-ci ne sont
pas seuls, mais entourés d'amis. Par leurs expériences
ils apportent une répercussion sur la formation de nouveaux
militants. Ces derniers à leur tour passeront à l'action.
Ayant le souci des autres, ils acquéreront pour eux-mêmes
le sens des responsabilités collectives. En assurant leur
propre promotion, ils établiront leur véritable guérison.
EN CONCLUSION DE CETTE
PREMIERE PÉRIODE, nous pouvons affirmer que GUÉRlSON
et PROMOTION ne peuvent pas être dissociées. Guérir
l'Homme ou la Femme suppose une ACTION COLLECTIVE sur la
personne du malade et sur son entourage. |
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2ème
et 3ème PÉRIODES DU TRAITEMENT : |
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CURE et POST-CURE |
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Nous venons de faire
la connaissance avec la méthode maintes fois utilisée
par les militants (tes) pour préparer le malade à
accepter les soins que nécessite son état.
A chaque malade envoyé
en cure, cette pédagogie est appliquée. Résumons
cette période de pré-cure :
- un malade (homme
ou femme) est signalé
- il faut prendre
contact avec lui (ou elle)
- le (la) connaître
- le (la) préparer
à aller en cure.
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Les moyens utilisés : |
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L'équipe
de Base pour faire la ou les Révisions d'Activités à
partir de la Carte de Relations |
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Nous poursuivons le cheminement.
Regardons comment va se dérouler la suite du traitement.
Pourquoi parier de la
suite du traitement, puisque le malade n'a pas commencé sa
cure, par conséquent, le traitement n'a pas commencé
?
Eh bien, disons que le traitement n'a pas commencé médicalement,
mais, pour nous, tout ce qui a précédé la cure
(la pré-cure) fait partie du traitement puisqu'il y a déjà
eu une réponse au problème. Nous avons fait tomber
une partie des obstacles à la guérison. La victoire
est loin d'être acquise, cependant, un grand pas vers cette
victoire a été fait puisque nous avons obtenu du malade
:
soit le volontariat à la cure, soit des connaissances sur
les
possibilités de guérison par un traitement médical.
Par les membres des équipes
de base, le Mouvement a joué un premier grand rôle
sur le plan sociologique et psychologique.
Que va-t-il se passer
ensuite ? |
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Ce sera la C U R E.
puis, la P 0 S T - C U R E.
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LA
CURE |
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Cure ambulatoire (dispensaire)
ou hospitalière.
Lors de ses contacts
avec son médecin traitant ou avec le médecin du dispensaire,
le malade sera orienté vers la cure, soit hospitalière,
soit ambulatoire. L'avis du médecin doit toujours être
respecté, il faut comprendre que le médecin choisit
selon des critères qui lui sont propres. L'essentiel est
que le malade soit volontaire et consente, avec confiance, au mode
de cure que lui indique le médecin.
S'il s'agit d’une cure
ambulatoire, le malade suivra le traitement sans interrompre ses
activités habituelles. Bien sûr, il aura les mêmes
relations et nous savons combien certaines de ces dernières
seront présentes pour le tenter de boire. Mais, il sera en
relation permanente et naturelle avec ses amis de VIE LIBRE et ceux-ci
lui apporteront le soutien nécessaire.
Pour les cures hospitalières,
il faut tenir compte de l'éloignement de l'hôpital
par rapport au domicile du malade et du lieu où se trouve
l'équipe de base, les moyens de communication, les temps
libres des militants VIE LIBRE sont un aspect important. |
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LES
VISITES AUX MALADES |
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précieuses occasions
de dialoguer.
- Sensible aux démarches
que nous faisons vers lui en allant le voir à l'hôpital,
le malade recevra et acceptera intensément notre amitié.
Il découvrira la qualité de cette amitié
collective et, si nous lui parlons de VIE LIBRE, il comprendra
de suite ce que nous sommes et, en fin de compte, éveillé
et intéressé au Mouvement, il percevra comme un
appel à venir rejoindre, à son tour, les amis de
VIE LIBRE, A travers ceci, aucune publicité, aucun racolage
- nous devons respecter la personnalité du maladie et aller
vers lui pour
le servir gratuitement.
- Cette amitié
vraie renforcera à son tour la confiance - le moment est
venu de préparer et d'encourager
l'abstinence. Sans heurt, sans contrainte, avec notre témoignage,
nous montrerons au malade combien l'abstinence est possible pour
lui, comme elle est possible pour tous ceux qui la pratiquent
depuis des années.
- Autres
buts des visites
Dans le dialogue, il y a une recherche mutuelle
de compréhension, tout d'abord en écoutant le
malade s'exprimer, puise en l'orientant vers une nouvelle vie,
à travers laquelle nous devons LUI
FAIRE DÉCOUVRIR TOUTES LES EMBUCHES OUI LE GUETTENT
à sa sortie de cure, telles que les anciens amis
de boisson, avec toutes les moqueries ne manqueront pas de lui
faire.
Il faut souvent
RECRÉER
UN CLIMAT FAMILIAL soit auprès des enfants, soit
auprès du conjoint.
Il faut également
faire entrevoir les changes de réussite de guérison,
en conseillant au malade de REVOIR
SOUVENT SON DOCTEUR
et aussi en restant en
contact avec d'anciens buveurs, puis, faire naître ou
renaître en lui LE
SENS DES AUTRES MALADES qui l'entourent, soit dans son
quartier, soit dans son travail, et ceci dans le but de lui
faire prendre conscience qu'il peut aussi en aider d'autres
à obtenir leur guérison. Par de nombreuses expériences,
nous avons constaté que le malade qui aide d'autres malades
assure sa guérison beaucoup plus vite et surtout d'une
façon plus stable.
Bien sûr, l'action
auprès des malades en cure que nous connaissions auparavant
est facilitée pour nous, mais nous avons aussi à
voir ceux qui se trouvent hospitalisés et que nous rencontrons
pour la première fois à l'hôpital.
- au cours des visites,
rencontrer le médecin et l'infirmière.
Notre action sera
plus efficace, si, avec des médecins et des services
infirmiers, nous pouvons échanger au sujet du malade,
(de ses réactions et su r u n certain nombre de faits.
Il se peut, bien sûr, que nous puissions avoir, par le
malade directement, tout ce dont il faut pour l'aider, mais
ce qui nous manque souvent, c'est sa situation familiale, son
travail, son état de vie avant son hospitalisation, et
nous souhaitons que partout puisse s'instaurer cette collaboration
entre services hospitaliers et buveurs guéris.
Si nos contacts avec des malades avant leur cure nous ont permis
de faire l'indispensable carte de relations de chacun d'eux,
nous devons pouvoir, (et nous en avons besoin) faire de même,
la carte de relations des malades rencontrés spontanément
au cours de nos passages dans les hôpitaux et centre de
soins.
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PREPARATION
AU RETOUR |
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Mais, pendant la cure,
notre action ne se limite pas seulement auprès du malade,
il faut aussi préparer son retour, en dialoguant avec le
conjoint et les enfants, s'il est marié.
Puis, voir aussi, pour les isolés, sans famille et souvent
sans travail.
C'est là le rôle
de l'équipe d'action, de voir tous ces problèmes et
d'en discuter entre eux, en toute objectivité, de façon
à les résoudre au maximum, pour que le malade, rentrant
chez lui, trouve une transformation dans sa vie familiale et à
son travail, car il faut aussi voir les employeurs et quelquefois
également la justice.
Pour arriver à
régler certains problèmes - nous ne le pouvons pas
nous-mêmes, car souvent ce n'est pas notre rôle - nous
devons en parier avec les personnes intéressées) employeurs,
syndicats, magistrats, services sociaux, de façon que ces
derniers agissent à leur place et dans le sens de la guérison
du malade en lui offrant ainsi toutes les chances de réussite.
A travers toute cette
action, réalisée en équipe de base de plusieurs
foyers, il y a aussi l'avantage de voir la promotion des nouveaux
accueillis à l'équipe qui sont amenés à
réfléchir sur des situations quelquefois plus ardues
que n'était la leur, ce qui a pour. avantage de les aider
dans leur guérison.
Là aussi, comme
dans la première période c'est toujours l'action entre
foyers qui se fait, c'est l'un ou l'autre qui se déplace,
ou bien les deux, .suivant les besoins, donc cela permet une guérison
familiale. |
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LA
POST-CURE |
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La post cure est la troisième
partie du traitement - elle n'a pas de durée limitée.
Certains malades ont
la possibilité, une fois la cure terminée, d'entrer.
dans un établissement spécialisé appelé
<<Centre de Post-Cure>> ou <<Curatorium>> spécialement
équipé en personnel, locaux et moyens techniques pour
la psychothérapie et l'ergothérapie. Le séjour
dans ces établissements est une étape de réadaptation
avant que le malade, fragile, reprenne sa vie quotidienne en famille,
au travail et dans son quartier ou son village.
D'autres malades, principalement
ceux qui se trouvent isolés de leur famille, peuvent être
accueillis dans un foyer de réadaptation. Ils y poursuivront
une post-cure, mais surtout, auront déjà la possibilité
de travailler dans une entreprise. Il s'agit d'une étape
transitoire préparant le retour à la vie habituelle.
Mais, pour 70 à
80 %. des malades, ce sera la post-cure en milieu ouvert, c'est-à-dire
que dès la sortie de cure ils retourneront dans leur famille
et reprendront le travail et toutes leurs habitudes de vie. C'est
d'ailleurs à ce moment là qu'ils vont renouer avec.
les anciennes relations et parmi celles-ci, les amis qui pourraient
leur donner des occasions de boire.
Plus que jamais, dés
lors, la présence du Mouvement VIE LIBRE est nécessaire
et l'action sera basée sur l'amitié des buveurs et
de leurs familles. |
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METHODE |
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Les réussites
après une seule cure sont souvent acquises lorsque le malade
connaît une bonne ambiance familiale et une vie de travail
équilibrée. Mais, cela ne se produit pas d'un seul
coup, il faut surmonter les difficultés.
VIE LIBRE a un grand
rôle à jouer dans la post-cure, il faut que chaque
militant soit vigilant sur la fréquence des visites du malade
à son docteur. Beaucoup arrêtent trop tôt ces
visites, ce qui est, en partie, une cause de rechute, Le malade
se croit assez grand seul, mais, après une défaillance
physique non suivie d'un traitement médical, il est sujet
à rechute.
C'est à partir
de ce critère que nous avons des permanences avec les médecins,
car nous mettons à la disposition de tous les malades la
possibilité, d'une part, de venir consulter le docteur, et
d'autre part, d'être accueillis par les amis guéris
qui s'y trouvent. Sur place, s'engagent des discussions entre les
uns et les autres, qui permettent à certains de reprendre
Courage après une petite déficience morale ou physique.
Cet aspect est important
car il occasionne, dans un cadre de psychothérapie collective,
la revalorisation de chacun et (Je tous. Nous avons le souci constant
d'entretenir avec les malades et entre les malades ces relations
revalorisantes.
Dans la post-cure, i
l y a aussi les visites qui se font et se continuent entre les membres'
de famille à famille, de façon que les premiers liens
d'amitié créés lorsque le malade se trouvait
seul avec sa maladie, se trouvent renforcés.
Puis, dans la post-cure,
nous trouvons toute l'action collective de groupes (petits ou grands].
Action collective d'autant
plus nécessaire que le malade alcoolique vit, durant sa maladie,
enfermé sur lui-même' n'ayant plus de rapports normaux
avec son entourage, car la maladie fait du malade un rejeté
volontaire et involontaire.
Donc, nous agissons toujours
en équipe, comme nous le signalons tout au long de ce rapport,
et, ce sont ces équipes qui sont la vie même du Mouvement. |
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TRAVAIL
EN EQUIPES |
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Elles se retrouvent chaque
fois que les besoins le demandent pour un malade, une famille.
Elles sont structurées
et formées d'anciens et de nouveaux, pour étudier
les situations et agir ensuite, mais quelquefois doivent se réunir
souvent.
Elles possèdent
un caractère de formation par l'action.
Dans chacune de leurs
rencontres, elles font une révision d'activités sur
ce qui a été fait et sur ce qui reste à faire,
en se répartissant les tâches d'une façon bien
définie.
Cette révision
d'activités, nous la retrouvons à tous les stades
du Mouvement, dans les différentes réunions.
Elle doit être
faite toujours d'une façon claire, et sans jugement sur les
familles, car nous devons avoir un secret professionnel, à
partir du moment où nous côtoyons beaucoup de personnes.
Les équipes se
retrouvent suivant les lieux, en ville : dans des quartiers définis
géographiquement ; en campagne : en groupes dans les bourgs
ou villages.
Elles viennent, là
aussi, se réunir pour voir en commun tout ce qui a été
fait (révisions d'activités). Dans ces réunions,
une grande part est réservée à la formation
par des sujets choisis à l'avance, soit sur la guérison
médicale, soit sur l'aide à apporter aux malades sur
un plan général (voir comment l'on peut faire), soit
à travers un fait récent qu'on étudie en commun,
soit sur un livre ou une brochure du Mouvement, mais, toujours,
il y a cette part formation collective, et puis, bien sûr,
les détentes -
LES
ÉQUIPES FORMENT LA SECTION
, qui, elle aussi, a son caractère de formation.
Dans les réunions du Comité de Section, nous voyons
la marche de la section (révision d'activités) puis,
la préparation du sujet de l'Assemblée Générale
du mois.
Et nous retrouvons tout
cela au niveau du Département, de la Région et du
National.
I1 existe également
des Journées d'Etudes où les militants d'un département
travaillent en commissions sur des sujets bien définis. Pareil
au niveau de la région avec les Congrès Régionaux
de deux jours. |
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EN
RÉSUMÉ |
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| Lorsque, six mois après
sa sortie de cure, le malade, resté abstinent et décidé
à le demeurer, se voit remettre sa carte rose de membre actif,
un grand pas a été franchi. La nécessité
absolue de l'abstinence a été comprise par le malade
et aussi par sa famille.
Mais, le rôle du
Mouvement n'est pas terminé.
Car , en devenant membre actif, l'ex-malade prend conscience et
s'engage à être Responsable de lui-même et des
autres.
Pour connaître
le cheminement qu'il a fallu faire, nous reprenons la grille utilisée
dans une journée d'études.
Le malade sort de cure
:
- Allons-nous le soutenir
?
- L'intégrer
au Mouvement Dans une équipe de base ?
- Intégrer également
sa famille ?
- Insistons-nous assez
sur la nécessité de continuer les soins et de se
faire suivre longtemps par un médecin ?
- Avons-nous le souci
de lui confier tout de suite d'autres malades ?
- Faisons-nous suffisamment
confiance dans ce sens ?
SINON, cela ne risque-t-il
pas d'empêcher son épanouissement ? L'affirmation de
sa personnalité ? de le laisser se replier sur lui-même
dans l'ennui ?
- La prise de RESPONSABILITÉ
devra-t-elle s'arrêter aux limites de VIE LIBRE ?
- L'OUVERTURE doit-elle
se faire vers tout ce qui concerne la SOCIÉTÉ (travail
- famille - quartier - etc ...).
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CONCLUSION |
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Toute cette structure,
cette méthode, sont nécessaires à la guérison
des malades pendant la post-cure, car notre action est un éternel
recommencement et nous devons mettre à la disposition de
chacun tous les moyens pour réussir.
Nous savons, par expérience,
que cette méthode de groupe donne des résultats, car
elle a pour base l'abstinence totale de toute boisson alcoolisée.
Des familles, des hommes,
des femmes retrouvent ainsi leur. place dans la société,
et surtout, par la formation acquise, découvrent un vrai
sens de vie. Bien entendu, cela ne se réalise pas toujours
de la même façon chez les malades, il y en a qui rechutent,
d'autres qui quittent le Mouvement car ils n'y trouvent pas ce dont
ils ont besoin, mais nous devons constater, heureusement, une forte
majorité de réussites.
Réussites acquises,
non pas uniquement par le Mouvement, mais en premier lieu par le
malade lui-même qui.a fait les efforts nécessaires
pour obtenir la guérison, car nous ne pouvons faire à
sa place ce qu'il doit faire, mais nous devons tout mettre en œuvre
pour qu'il possède toutes les chances de réussite,
notre rôle est de l'aider à faire ses premiers pas
dans sa guérison, par notre amitié, par nos méthodes
de formation. |
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